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Opération de solidarité VSF / Sénégal

 

 

 

Nous sommes au Sénégal depuis maintenant un mois et notre opération de solidarité vient de s’achever, une expérience unique et exceptionnelle, en voici le détail :

 

Bien avant notre départ, au printemps dernier, toute la famille s’est mise en chasse pour trouver des financements, en expliquant notre démarche et celle de VSF.

 

Initialement, VSF nous avait proposé de nous occuper du financement et de la mise en œuvre de tables bancs pour l’école de Siwo, un village reculé au cœur du Saloum. En réalité, ce volet a été pris en charge par le gouvernement sénégalais, et nous avons finalement œuvré pour le logement communautaire des enseignants de Siwo : peinture et carrelage.

 

Trois idées phares nous ont permis de récolter des dons :

 

-          Au sein de la troupe scoute de France d’Oullins (dont William et France sont membres), nous avons présenté notre projet lors d’une réunion le 26 avril dernier et avons reçu un accueil très chaleureux des familles présentes. Ce jour là, une vente de billet de tombola a été lancé avec comme lot principal un WE à bord de notre voilier (dates prévues en accord avec les gagnants à notre retour). Les gagnants ont été tiré au sors lors du WE de groupe du mois de juin ; il s’agit de Simon Ducolombier et de . Le meilleur vendeur de billet, Remy Moncorgé sera également récompensé avec un WE à bord.

 

D’autre part, nous avons fait réaliser des bracelets en tissu  « solidarité Siwo 2012 – Varatraza II » revendu 4 euros pièce. Cette opération a reçu un franc succès, les scouts ont joué le jeu pour nous aider à diffuser ces bracelets et nos enfants se sont bien investit pour en vendre auprès de tout leur entourage.

 

Nous tenons tout spécialement à remercier une nouvelle fois toute la troupe scoute d’Oullins et notamment la maitrise (les Fritsch et les Moncorgé) qui nous a soutenus tout au long de l’année.

 

 

 

-          Au sein de notre entourage, nous avons réalisé des appels à dons manuels qui ont été, il faut le dire, très importants, nos proches (familles et amis) ont été généreux. On le voit bien, la solidarité internationale fonctionne lorsque l’on sait où va l’argent, et que le suivi en est assuré.

 

 

 

-          Enfin, nous avons sollicité la Fondation d’Entreprise Casino qui œuvre pour prévenir l’exclusion culturelle des enfants de part le monde. Du matériel informatique (Unité mobile Multimédia U3M) a été financé et remis officiellement à 10 villages du Saloum.

 

 

 

Alors, comment s’est déroulée notre mission sur le terrain ?

 

Lundi 29 octobre, en fin de matinée, au mouillage de Foundiougne (chef lieu du Saloum), nous retrouvons Ousmane NDiagne, directeur de l’école de Siwo, que nous avons quitté quelques jours auparavant après la fête de la Tabaski passé dans son village. Ousmane monte à bord et nous partons pour 5 heures de navigation dans les bolongs (petits bras du fleuve) jusqu’au village de Siwo. La navigation est éprouvante, outre une chaleur torride, les bancs de sable sont omniprésents, et même Abdou un pêcheur du village venu à notre rencontre pour nous guider nous « plante » le bateau deux fois dans 80 cm d’eau ! Nous nous en sortons aidés de l’annexe avec William en pilote de choc pour faire pivoter Varatraza. Le capitaine reprend alors la barre et se dirige avec les ways points fournis par VSF. Outre cela, la stratégie consiste à longer la mangrove au plus prêt (5 mètres maxi), prendre les virages sur l’extérieur et tenter de deviner les prochains bancs de sable. Le dernier virage approche et Siwo s’offre enfin à nous. Nous mouillons au bord de la mangrove par 2,5 mètres d’eau, à bonne distance d’un banc de sable qui nous sépare du village. La nuit tombe déjà, l’annexe est mise à l’eau pour débarquer Ousmane et notre pêcheur de choc. Repos bien mérité pour l’équipage dans ce décor surréaliste : de la mangrove partout et pas un brin d’air.

 

       

 

Le lendemain matin, tout l’équipage de Varatraza embarque dans l’annexe direction Siwo. Nous laissons l’annexe au ponton flottant entre les barques de pêche. En quelques secondes, les enfants du village se groupent autour de nous, de plus en plus nombreux, des tas de mains se précipitant pour prendre la notre, bientôt l’ensemble des enfants du village nous suivront, nous accompagnant de leurs sourires et de leurs mots doux en serrere. Les plus grands qui parlent français nous guident à travers le village, en direction de l’école. En ce début novembre, la rentrée scolaire n’a pas encore commencé, mais c’est prévu pour cette semaine !

 

La visite de l’école peut commencer. Quel choc ! En fait, les classes n’ont pas été rangées depuis la fin de la saison des pluies et suite aux travaux de réparation de toiture financés par le gouvernement, c’est un véritable capharnaüm. Le portes et les volets en fer sont totalement rouillés et pour la plupart près à s’effondrer. Certaines classes sont exposées au vent et à la pluie. Les sols sont parsemés de gravas, le mobilier est totalement usagé, les rares étagères s’effondrent, les placards sont inondés, les tables et bancs restant sont très abîmés. Il n’y a pas de latrines dans l’école, le projet entamé il y a un an a échoué, faute de volonté des habitants… Les enfants rentrent donc chez eux pour aller aux toilettes !!! Seules les toitures récemment rénovées grâce aux différents financements de VSF sont en bon état. Deux classes sont en cours de restauration financée par le gouvernement mais les travaux ont été interrompus en cours de route, la fin du financement n’étant pas encore débloquée. Elles seront donc inutilisables pour cette rentrée scolaire !!! Deux classes sur six…cela met l’école dans une situation très difficile… Il faut savoir que dans ce type de village et d‘école, les enfants avoisinent les 40 à 50 élèves par classe.

 

 D’un point de vue éducatif, quelques manuels scolaires sont stockés dans un placard mais en très petite quantité et bien usagés déjà…

 

Ousmane nous fait ensuite visiter le logement communautaire financé intégralement par VSF. Nous constatons que la partie dont nous avions la responsabilité, à savoir la peinture et le carrelage a été bien utilisée. Le logement est terminée, la façade est peinte ainsi que les pièces intérieures, le carrelage est installé dans l’ensemble du logement. Restera a ajouté des latrines, un coin cuisine et, « cerises sur le gâteau », des panneaux solaires et un récupérateur d’eau de pluie… Mais ce sont là d’autres projets et financements à prévoir…

 

Les enfants du village se regroupent dans la salle principale et, retournant un seau de peinture, nous donne un spectacle de chants et de danses en guise d’accueil. Nous sommes touchés aux larmes !!! Leurs sourires sont pleins d’espoirs, on ressent très vite les enjeux forts qui se jouent devant nous… Nous sommes très affectés par leurs témoignages qui resteront gravés longtemps dans nos mémoires, nous auront beaucoup de mal a effacer ces visages…

 

Les enfants décident de retourner à bord et tous les enfants du village les raccompagnent… c’est très touchant de les voir tous les quatre entourés de cette flottille d’enfants.

 

Une petite réunion se met en place de manière informelle autour de nous, avec le représentant des parents d’élèves, un membre du centre de gestion de l’école et certains enseignants arrivés ce jour. Ils nous expriment leur joie d’avoir enfin à Siwo un logement pour les enseignants. En effet, les enseignants viennent de tout le Sénégal et doivent habiter dans le village pour palier à son éloignement, jusqu’à maintenant ils étaient logés au sein des familles du village. Cela va permettre de souder l’équipe enseignante,  de dynamiser l’école et de la rendre plus attractive auprès des parents qui préfèrent encore avoir leurs enfants à la maison réalisant des tâches ménagères plutôt que devant le tableau noir.

 

Nous rentrons au bateau en fin de journée, fatigués et éprouvés par cette visite, bien décidés à revenir…

 

           

 

Le lendemain, nous re-débarquons au village avec les enfants cette fois pour tenter de vivre quelques temps de classe. Paloma va présenter à la classe de CI-CP (cours intermédiaire-CP) le cahier qu’elle a réalisé pour eux en classe avec sa maîtresse et ses camarades de l’école Jean de la Fontaine. Aujourd’hui, les enfants du village sont venus avec leurs petits balais pour nettoyer l’école, un vrai dynamisme est là, ils ont le sourire et ont envie de reprendre l’école !!! Nous les aidons à réinstaller quelques classes après les avoir nettoyées et assistons à une intervention en classe de CM1 de Nathalie Maheult, représentante VSF et de Malika, une enseignante française, toutes les deux de passage au village. Elle leur apporte une correspondance scolaire d’une classe bretonne. En CM1, les enfants ont en moyenne 11 ans et Romane, du haut de ses 9 ans, est très étonnée de constater l’écart avec la France… L’enseignant leur traduit une partie des propos en serrere mais dans l’ensemble les enfants semblent comprendre le français même s’ils le parlent très peu. La langue française est la langue officielle au Sénégal, l’enseignement est donc fait en français. Nous rejoignons ensuite la classe de CI-CP, les enfants nous attendent. Ils se lèvent à notre arrivée et nous accueillent à nouveau avec des chants sénégalais. Paloma est très impressionnée… Nous leur présentons le travail de la classe, ils sont attentifs et émerveillés…nous regardant, installés à 4 ou 5 par bureau !!!

 

Ce sera là aussi, un moment fort pour la famille… Nous vivrons ainsi des moments à part dans ce village de Siwo, éloigné de tout, à plus de 5h de pirogue de Foundiougne, la préfecture du Saloum. Les habitants nous accueilleront avec beaucoup de sympathie, au coin d’une rue ou sous le grand baobab au cœur du village. Nous nous sentirons très vite à l’aise avec eux et pourtant, un tel décalage existe dans nos vies…

 

Pour Ousmane, tout (ou presque) reste à faire… L’avenir de l’école est entre ses mains, souhaitons lui bonne chance et rendez-vous dans quelques années à Siwo.

 

           

 

Nous avons déjà des tas d’idées pour poursuivre notre mission auprès des populations du Saloum avec VSF mais aussi par d’autres interventions peut-être comme celle de nos jeunes qui avec leur mouvement Scout pourraient revenir sur place réalisés des travaux… L’avenir reste à construire…

 

Mais notre mission ne s’arrête pas là… Nous sommes porteurs du matériel informatique financé par la fondation Casino et qui doit être remis aux directeurs des 10 écoles concernées en présence des autorités locales, l’inspecteur départemental de l’éducation nationale, et de la représentante du volet scolaire de VSF, Nathalie Maheult à Foundiougne.

 

Nous remontons donc le bolong principal jusque là-bas avec à notre bord Nathalie et Malika avec qui nous auront des échanges très riches sur les interventions de VSF et sur l’état des écoles dans le Saloum. Elles viennent de réaliser une mission scolaire visitant de nombreuses écoles pour faire un état des lieux de l’avancement des projets en cours, c’est un des points essentiels de l’investissement de VSF sur place. Il nous parait, en effet, fondamental que régulièrement des navigateurs comme nous ou des bénévoles à terre comme Nathalie et Malika, puissent venir sur place faire un suivi des projets… Un exemple simple : elles ont découvert au village de Bassoul une situation assez dramatique concernant l’eau. Le forage du puits ne marche plus depuis plusieurs mois, les habitants sont donc dans l’obligation de se rendre en pirogue au village le plus proche, environ 30 mn, pour « acheter » de l’eau… La situation devenant difficile, les villageois commencent à boire l’eau des marres !!! Les épidémies deviennent un risque immédiat !!! C’est une situation qui n’était pas « remontée » jusqu’à VSF, même pas jusqu’aux autorités locales, d’où l’importance d’interventions fréquentes sur place.

 

Nous débarquons donc l’ensemble du matériel soit :

 

-          4 U3M comprenant chacune 2 ordinateurs, un appareil photo numérique et un vidéo projecteur et le petit matériel informatique lié (clé USB, multi prises, rallonge…)

 

-          2 ordinateurs supplémentaires pour compléter les 2 U3M existantes

 

-          4 générateurs pour équiper les villages ne disposant pas de panneaux solaires.

 

                 

 

Nous nous rendons à l’inspection d’académie où a lieu la remise officielle du matériel. Un rapide discours de l’inspecteur et de Nathalie Maheult afin de souligner l’investissement important de la fondation Casino et le souhait que ce matériel soit utilisé par et pour les enfants des écoles du Saloum, quelques photos officielles, la signature de la remise des dons et nous pouvons échanger avec les directeurs présents. Bruno réalise une rapide formation à la mise en route et à l’utilisation du matériel mais les directeurs doivent rapidement repartir pour ne pas louper la pirogue hebdomadaire qui les ramène dans leurs villages souvent très éloignés.

 

Tous soulignent l’importance pour eux d’avoir pu obtenir ce matériel et nous expliquent l’usage qui va en être fait. Nous sommes heureux de pouvoir constater que ce don représentait vraiment un besoin pour les écoles et qu’il va leur permettre à la fois de réaliser des montages pour communiquer avec leurs partenaires français mais aussi de visionner des DVD éducatifs et de réaliser des campagnes de prévention santé. Rapidement nous sentons que certains directeurs sont très investit et ont une vision dynamique de l’évolution de leur école. Cela nous semble très encourageant. Il faudra tout de même que les familles de navigateurs VSF passent régulièrement dans ces villages pour remettre à jour la formation informatique de certains et suivre l’état du matériel.

 

Nous terminons là notre mission mais nos esprits restent préoccupés par la situation des enfants du Saloum. Nous penserons encore longtemps à eux et réfléchirons à comment poursuivre notre action.

 

 

 

 

 

 

 


 

  Le 2 avril 2012

 

 

 

  Solidarité SIWO 2012 – Varatraza II   .

 

 

 

 Afin de sensibiliser nos enfants au développement et à l’aide internationale, nous avons souhaité réaliser une mission de solidarité en direction du Sénégal avec l’association Voiles Sans Frontières **, Organisation de Solidarité Internationale à laquelle nous appartenons.

 

 

 

Nous avons pour mission de fournir le mobilier scolaire (44 tables-bancs) de deux classes de l’école de Siwo, un village au cœur du Saloum.

 

Cette mission s’insère dans un programme d’amélioration des conditions d’accueil, de travail et de sécurité de l’école de Siwo en vue de développer l’éducation primaire pour tous.

 

Les îles du Sine Saloum, où se trouve le village, sont particulièrement isolées et enclavées puisqu’accessibles uniquement par pirogue ou bateau, à partir de 3 points marquant la fin du réseau routier. Ce petit village de 600 habitants se situe à chaque fois à plus de 5 heures de navigation (seule communication possible) de ces 3 points, ce qui constitue un paroxysme en matière d’isolement. Les conditions d’accueil en place dans cette école s’avèrent très précaires. VSF participe à l’équipement de cette école.

 

 Pour mener à bien notre mission, nous sollicitons votre soutien en dons manuels (bulletin de dons sur le site de VSF). Ce don est déductible à 66% de votre impôt sur le revenu. Un reçu fiscal vous sera adressé en retour par VSF.

 

Dons à l’ordre de Voiles Sans Frontières et à nous adresser par courrier (La Varangue – 32, rue Tupin 69600 Oullins).

 

 

 

Avec l’ensemble des dons récoltés, nous nous rendrons à Foundiougne (la capitale du Saloum) avec le maitre du village de Siwo pour prendre commande des tables-bancs puis acheminer le tout par bateau et pirogues vers le village.

 

 

 

Si les donateurs ont été généreux, nous pourrons également, avec l’un des enseignants, nous rendre à Dakar acheter des fournitures scolaires pour les écoliers de SIWO.

 

 

 

Vous pourrez suivre le détail de la mission et consulter le bilan financier sur cette même page, à l'issue de la mission, mi novembre.

 

 

 

Merci à tous pour votre soutien et votre accompagnement tout au long de notre projet et bon vent pour l’année à venir.

 

 

 

 

 

(**) Créée en 1997, Voiles Sans Frontières intervient en zones isolées, uniquement accessibles par voies maritimes ou fluviales. Son concept repose sur la sensibilisation du monde maritime aux inégalités Nord/Sud. Avec le concours de bateaux de grand voyage, VSF réalise des actions médico-sanitaires, mène des partenariats scolaires et éducatifs et des projets de développement au profit de populations enclavées. Les zones d'interventions sont actuellement les fleuves Sine Saloum, la Casamance au Sénégal.

 

VSF est une association de Solidarité Internationale loi 1901.

 

www.voilessansfrontieres.org/